DeutschEnglishFrancais
Paris-Berlin, le débat: Tous menteurs?
Paris-Berlin, le débat: Tous menteurs?
17.09.2009, 23.20 arte, 60'

Présentation: Thea Dorn, Rédaction en chef: Christian Popp, Réalisation: Markus Hilß

La vérité, on le sait, finit toujours par se savoir. Pourtant, il semblerait que ceux qui recourent au mensonge s’en sortent plutôt bien. Nul ne doute que mentir fait partie intégrante de notre existence. Du Père de l’Eglise Saint-Augustin à Nietzsche en passant par Kant, philosophes et théologiens ont de tout temps consacré une part de leur réflexion au mensonge. Les sociologues, quant à eux, partent du postulat que mentir huile les rouages de la société. Cependant, cette pratique pose problème dès lors qu’y recourir revient à trahir la confiance de l’autre, elle aussi essentielle. Pourquoi est-il si difficile de se passer des petits mensonges du quotidien? Pour s’épargner une situation gênante et sauver la face? Parce que l’on souhaite rester poli et ne blesser personne? Qu’en est-il alors de la sincérité des hommes politiques, en particulier pendant leurs campagnes électorales? Les formules toutes faites des politiciens relèvent-elles déjà du mensonge? Disposons-nous d’un droit à la vérité? Selon la philosophe Simone Dietz, il faut parfois mentir pour être «vrai»: le mensonge est un art autant qu’une compétence. Boris Cyrulnik, psychiatre et éthologue, compare la vie en société à un grand théâtre des illusions. Le philosophe Julian Nida-Rümelin estime pour sa part que la démocratie est inséparable de la vérité. Enfin, le journaliste Günter Wallraff, devenu célèbre grâce à ses reportages d’investigation réalisés sous de fausses identités, a su mettre au jour certains travers de notre société. En compagnie de ses quatre invités, Thea Dorn tente d’établir ce qu’est véritablement le mensonge. Un acte de désespoir? De mépris? D’orgueil? De compassion? Ou au contraire une simple faculté humaine, rendant vain tout jugement moral?